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Emiliano Sala, un talent fauché en plein envol – Ligue 1

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Après l’arrêt des recherches par la police de Guernesey, la disparition du footballeur Emiliano Sala (28 ans) devient une triste réalité. Reste le souvenir d’un homme qui a marqué les esprits partout où il est passé.

«La ultima ciao FC Nantes». Ce «dernier au-revoir» est le dernier message posté par Emiliano Sala sur son compte Twitter. Un texte accompagné d’une photo où on le voit, tout sourire, entouré de ses ex-coéquipiers nantais et de quelques membres du staff technique. L’attaquant argentin avait tenu à revenir lundi sur les bords de l’Erdre pour saluer une dernière fois la maison jaune. Avant de s’envoler définitivement pour Cardiff et débuter une nouvelle aventure en Premier League.

«Au moment où il a signé le beau contrat qu’il méritait bien, le conte de fée se transforme en cauchemar»

Jean-Louis Triaud, ancien président de Bordeaux

Quelques heures plus tard, le petit avion privé dans lequel il avait pris place s’est malheureusement abimé en mer. Plongeant le monde du foot et ses proches dans un océan de tristesse et de mélancolie. «Il a eu une enfance digne mais compliquée, la vie au départ n’a pas été trop tendre avec lui mais il a réussi, se souvient l’ancien président des Girondins de Bordeaux Jean-Louis Triaud dans les colonnes de Sud-Ouest. Et au moment où il a signé le beau contrat qu’il méritait bien, le conte de fée se transforme en cauchemar». «En Ligue 1, il faut le reconnaître, il était en pleine ascension. Ça arrive au meilleur moment de sa carrière. C’est ça qui fait mal aussi», a lâché son ami Yacine Bammou à nos confrères de L’Equipe

Arrivé en France et à Bordeaux en 2010

A 28 ans, Sala était enfin parvenu à mettre tout le monde d’accord. A jouer des coudes avec les meilleurs goleadors de l’Hexagone. Une reconnaissance sur le tard après avoir longtemps subi des railleries en raison d’un style un peu gauche, et suscité des doutes sur sa capacité à être un grand buteur. Arrivé en France en 2010 – sans connaître la langue de Molière – par le biais de Proyecto Crecer, une école de football fondée par les Girondins en Argentine, dans la province de Cordoba, Sala n’a ainsi jamais réussi à s’imposer à Bordeaux. Brinquebalé en prêt, à Orléans (2012-2013) tout d’abord en National, puis Niort (2013-2014) en Ligue 2, l’Argentin a empilé les buts (18 à chaque fois en 37 matches). Sans broncher. «Il avait une volonté de fer. Il ne se plaignait jamais de ce qu’il aurait pu considérer comme une injustice, souligne Jean-Louis Triaud. D’autres se seraient découragés, il s’est toujours accroché, battu, a gardé confiance. Il n’a jamais abandonné, c’est sa grande qualité».

«C’est quelqu’un qui était tout le temps dans l’effort. Il y avait une telle débauche d’énergie chez lui… Et aucun égoïsme.»

Nicolas Benezet, ancien coéquipier à Caen

Avec ses grands compas et sa grinta sud-américaine, il s’est entêté jusqu’à être un élément important du maintien en Ligue 1 de Caen en 2015 où il avait débarqué, encore une fois en prêt, lors du mercato hivernal (5 buts en 13 matches). «C’est quelqu’un qui était tout le temps dans l’effort. Il y avait une telle débauche d’énergie chez lui… Et aucun égoïsme», se rappelle son ancien coéquipier à l’époque Nicolas Benezet sur L’Equipe.fr. Un joueur décrit par tous ceux qui l’ont côtoyé comme «attachant», «travailleur» et «respectueux». Un bon mec, humble, qui a fini par s’épanouir dans un autre club phare de l’Ouest, le FC Nantes, rejoint en 2015 pour seulement un million d’euros et 50% à la revente.

L’hommage que lui ont rendu les centaines de supporters nantais rassemblés mardi soir place Royale suffit à cerner le personnage. Par son abnégation et sa gentillesse, Sala a su se faire une place à part dans le cœur des supporters du FCN. «Ce n’était pas le plus beau à voir jouer mais il ne trichait jamais !», a par exemple expliqué Thibaud, 29 ans, abonné en tribune Loire depuis des années. «C’était le premier à aller au combat sur le terrain, insiste son ex-partenaire nantais Bammou, qui le considérait comme son «frère». Et dans le vestiaire, dans la vie de tous les jours, il était le premier à chambrer et taquiner. Il me faisait beaucoup de blagues. C’était un très bon vivant, il mettait une super ambiance».

«C’est un super garçon, très attachant, travailleur.»

Vahid Halilhodzic

«Un grand joueur, un énorme homme, a écrit sur les réseaux sociaux son ancien entraîneur à Nantes, Sergio Conceiçao, aujourd’hui au FC Porto. Quelqu’un qui donne tout, sur le terrain comme dans la vie. Dévouement et détermination incroyables.» Sous les ordres du technicien portugais, Sala avait franchi pour la première fois la barre symbolique des 10 buts sur une saison en Ligue 1 (12 en 2016-2017). Une performance réitérée l’année suivante avec Claudio Ranieri. Avant d’exploser cette saison sous la coupe de Vahid Halilhodzic (12 réalisations en 19 matches). «Il a fallu trouver les mots pour le rassurer, lui donner de l’ambition, avait expliqué l’entraîneur bosnien au Figaro en novembre dernier. Il était un peu dans l’impasse, sans ambition, il se laissait un peu aller parce qu’il était déçu à cause de certaines choses, je ne veux pas rentrer dans les détails. Mais c’est un super garçon, très attachant, travailleur. Je lui ai dit la vérité bien en face. Et il a bien compris, il s’est mis au travail, a retrouvé la hargne, sa volonté, son agressivité. Je l’ai un peu chambré aussi. J’aime bien cela aussi. Je suis très content de sa réussite, qui a surpris pas mal de monde. Derrière cela, il y a du travail, sur et en dehors du terrain.»

Atypique et captivant

Le travail, encore et toujours. Un mot qui colle à la peau de cet attaquant si atypique et captivant. Séduit par l’Argentin, Cardiff, 18e de Premier League, n’avait pas hésité à mettre 17 millions d’euros sur la table (+ 2 millions d’euros de bonus) pour l’enrôler cet hiver. Pour ainsi faire de lui la recrue la plus chère de l’histoire du club gallois. Au grand dam de Vahid Halilhodzic, qui souhaitait le conserver à tout prix. «Il était très heureux, affirme Yacine Bammou. Il m’a raconté comment ça s’était fait. Il était impatient d’y aller et de porter son nouveau maillot. Il m’a dit que ce n’était pas facile de quitter Nantes parce qu’il avait passé de superbes années là-bas. Il m’a raconté tout ça, positivement, avec le sourire». C’est cette image que tous garderont de lui. Comme sur cette dernière photo sur son compte twitter. Un «ultima ciao»…



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